Reconnaître · Arnaques aux seniors : faux petit-fils, faux livreur, faux gendarme

Faux gendarme, faux policier, coursier : comment les reconnaître

Un appel d’un faux gendarme ou policier, puis un coursier qui vient chercher ta carte : les signes concrets et les vérifications qui permettent de couper court avant de remettre quoi que ce soit.

Un faux uniforme au bout du fil

Ces appels commencent souvent par une phrase impressionnante : « ici la gendarmerie », « je suis policier ». L’interlocuteur parle d’une enquête, d’une fraude, d’une carte piratée. Il veut te protéger, dit-il, mais il a besoin de ta carte, de ton code ou d’un geste précis. Les forces de l’ordre n’ont aucune part dans ces appels : leur nom est usurpé.

Le déroulé typique

Une fois le contact établi, la suite est souvent la même.

  • Un faux gendarme appelle en indiquant un incident : opération suspecte, carte clonée, comptes menacés.
  • Il te passe un « conseiller de banque » ou te dit de ne raccrocher sous aucun prétexte.
  • Il te demande de lui lire des informations, de retirer de l’argent, ou de confier ta carte.
  • Un coursier ou un « collègue » se présente chez toi pour récupérer la carte « pour expertise ».
  • Parfois, on te demande de composer toi-même ton code devant lui.

Ce que ni la police ni ta banque ne font en général

Méfie-toi si on te demande de livrer ta carte à un inconnu qui vient chez toi : en général, ni la banque ni les forces de l’ordre ne procèdent ainsi. Ils ne te demandent pas non plus ton code secret ni de ne rien dire à ton entourage. En cas de doute, c’est toi qui prends l’initiative du rappel, jamais l’inverse.

Les signes concrets

Voici ce qu’il faut repérer :

  • On te demande de ne pas raccrocher ni de rappeler.
  • On te demande ton code, même « seulement pour vérifier ».
  • Quelqu’un doit venir chercher ta carte, qu’il s’agisse d’un coursier ou d’un « agent ».
  • Le ton est solennel, alarmant et très pressé.
  • On te dit que ton conseiller habituel est « impliqué » et qu’il ne faut surtout pas le joindre.
  • On te demande de retirer de l’argent ou d’acheter des cartes prépayées pour le « mettre à l’abri ».
  • L’interlocuteur te fait garder le secret, y compris auprès de ta famille.

Exemple fictif d’un appel

Exemple fictif :

  • « Monsieur Perrin ? Brigadier Lefort, cellule fraude bancaire. Quelqu’un utilise votre carte. Un coursier de la brigade va passer dans vingt minutes la récupérer. Restez en ligne et ne contactez pas votre banque. »

Les vérifications qui coupent court

Raccroche, même si on te menace de conséquences. Patiente un moment, puis appelle ta banque avec le numéro figurant au dos de ta carte, ou le commissariat de ta ville avec un numéro que tu retrouves toi-même. Si quelqu’un sonne pour récupérer une carte, ne lui ouvre pas et ne lui remets rien. Tu peux dire que tu as déjà prévenu ta banque.

Si tu as remis ta carte ou donné ton code

Appelle ta banque immédiatement et demande l’opposition de la carte. Précise ce qui a été fait : carte remise, code communiqué, retrait demandé. Vérifie ton compte et conteste toute opération inconnue. Dépose plainte avec le plus de détails possible : heure de l’appel, numéro affiché, description du coursier. Ce n’est pas ta faute : le scénario est très construit.

Où signaler

Pour une urgence, le 17. Pour un appel ou un SMS suspect, le 33700. Tu peux aussi signaler sur une plateforme officielle et demander conseil à Cybermalveillance.gouv.fr.

Ce qu’Alix peut faire pour toi

Raconte-moi l’appel ou recopie le message : je relève les signaux d’alerte et je t’aide à préparer ce que tu diras à ta banque. Je ne suis pas la police ni ta banque, et je ne peux pas confirmer l’identité d’un interlocuteur.

Questions fréquentes

Un policier peut-il demander ma carte bancaire ?

Méfie-toi toujours : en général, personne de sérieux ne vient chercher ta carte ou ne te demande ton code. Raccroche et appelle toi-même le commissariat ou ta banque avec un numéro que tu connais.

Pourquoi me demande-t-on de rester en ligne ?

Pour t’empêcher de réfléchir ou de vérifier avec un proche ou ta banque. Quelqu’un qui te protège vraiment te laisse raccrocher et rappeler. C’est un des signes les plus fiables que quelque chose cloche.

Le numéro affiché est celui du commissariat, que penser ?

Un numéro affiché n’est pas une preuve : il peut être imité. Raccroche et compose toi-même un numéro que tu as retrouvé, sans passer par la touche de rappel de ton téléphone.

À lire aussi

Faux support technique et faux antivirusPop-up virus, « ordinateur infecté », écran bloqué : reconnaître la fausse alerteUne fenêtre annonce « votre ordinateur est infecté » et réclame un appel ? C’est le plus souvent une page web piégée. Voici les indices pour la reconnaître et la fermer sans risque.Faux dépanneur, faux artisan, rénovation énergétiqueArnaque à la rénovation énergétique : isolation gratuite, pompe à chaleur, faux conseillerIsolation gratuite, pompe à chaleur, aides de l’État : certains démarchages de rénovation énergétique cachent des pièges. Voici les indices à repérer et les vérifications à faire avant de signer.Faux dons et fausses associations caritativesFaux démarcheur d’association à ta porte ou par SMS : comment le reconnaîtreÀ ta porte, au téléphone ou par SMS, une demande de don peut être fausse. Voici les indices concrets et les vérifications simples pour savoir si tu as affaire à un faux démarcheur.Wi-Fi public et fausse borneWi-Fi public : est-ce dangereux de s’y connecter ?Le Wi-Fi public n’est pas à éviter à tout prix, mais il demande quelques précautions, surtout dans les gares et les aéroports. Voici une réponse mesurée, avec les gestes qui comptent vraiment.Sextorsion et chantage à la webcamLe mail « je t’ai filmé devant ton ordinateur » : bluff ou menace réelle ?Tu reçois un mail qui affirme t’avoir filmé devant ton ordinateur et cite un de tes mots de passe ? Voici comment ça marche, ce qui est le plus souvent un bluff et comment réagir.

Guide informatif, sans valeur de conseil juridique. Alix est une IA : elle t’aide à repérer des signaux, elle ne remplace ni ta banque ni les autorités.